
Starastra, séraphin de deuxième classe, section accidents domestiques, s’ennuyait ferme au paradis. Aussi, lorsqu’en ce jour béni il reçut la convocation suivante, son cœur ne fit qu’un tour: «Par ordre du Tout Puissant, veuillez vous rendre séance tenante à la porte des étoiles deuxième étage, cinquième palier, pour transformation symétrique inverse». Le document était dûment tamponné et contresigné par le Saint Esprit. Ce devait donc être très important. Il allait peut être enfin recevoir une promotion!

…Une fois le seuil franchi, il referma la porte et remit silencieusement le heurtoir
gauche en place. Les étoiles, tout en arabesques géométriques, étaient de ce coté-
La parabole de Starastra
Il sentait une puissance nouvelle émaner de son aura et ses ailes avaient gagné en importance. Alors qu’une colombe voletait au dessus de sa tête, il relut la missive officielle dont le cachet faisait foi. Il y était écrit: «L’asymétrie identique lors du passage de la porte astrale, deuxième seuil, cinquième plancher, a été effectuée conformément à la volonté de sa Grande Divinité par le porteur de la présente». Muni de cette attestation, il se réjouit de l’instant, car enfin, son existence allait devenir palpitante. Il allait pouvoir demander sa mutation à la prestigieuse section des accidents de la route. Et pour sûr, on entendrait parler des miracles du séraphin de première classe: Astrastar!
La missive était accompagnée d’un plan détaillé où figurait l’itinéraire. Abandonnant
ses tâches bienfaitrices courantes, il partit en quête du dit endroit. Et soudain,
au détour d’un cirrostratus à la forme allongée, il aperçut le palais administratif.
Il pénétra alors en ces lieux pieux. Personne ne l’attendant à l’accueil, il se précipita
dans un dédale de couloir à l’architecture vaguement indéfinissable: tantôt néo-


(« Ange tenant un rameau d’olivier », Hans Memling, Louvres)