

Ionophage : adj. de Ionos et Phagos (1676) Classe de réactions chimiques caractérisées par un défaut d’ions à l’issue de l’équilibre.
Ency.: Ce type de réaction chimique a suscité, lors de sa découverte au début du XXème siècle, une immense curiosité ainsi qu’une grande controverse. C’est le chimiste berlinois Furtweiller qui, en laissant fortuitement dans une fiole d’ammoniaque du cuivre en copeaux et observant le lendemain un précipité bleuâtre accompagné d’une odeur pestilentielle, met en lumière la première réaction de ce type :
NH3-
Equation chimique atypique s’il en est puisqu’il manque un cation dans les composants résultants, ce qui remettait en cause l’ensemble des connaissances de l’époque sur la chimie aqueuse. Dès la publication dans la revue « Zeitschrift des kleinen Chemikers» une controverse naît mettant en doute la validité des faits observés. Le front des sceptiques est mené pour l ‘essentiel par des chimistes français, Berthelot en tête, qui réfutent la possibilité de pertes d’ions et qualifient la découverte de «parodie de science, symptomatique d’une certaine arrogance germanique» (Bulletin Acc. Science Avril 1912). En fait, la reproductibilité de la réaction est restée assez longtemps difficile à établir. Et il faudra attendre les années 20 pour que la possibilité des réactions à caractère ionophages soit communément admise.
Elles sont désormais couramment utilisées dans l’industrie chimiques et permettent la production de divers produits : engrais, tôle ondulée, gaz à effet létal, balles de golf.